Un selfie pour prédire la survie au cancer ?

De nouvelles recherches suggèrent qu’une simple photo pourrait aider, grâce à l’intelligence artificielle, à mieux orienter les spécialistes dans la prise en charge de patients atteints d’un cancer à un stade avancé.

Et si l’on pouvait estimer le risque qu’un malade atteint de cancer en meure, à partir d’une simple photo de lui ? Non, ce n’est pas de la science-fiction, mais bien la promesse d’un nouveau système conçu par des médecins du Mass General Brigham, aux États-Unis.

Baptisé FAHR-FaceSurvival, il s’appuie sur le modèle d’intelligence artificielle FAHR-Face pour estimer l’âge biologique d’une personne qui, contrairement à l’âge inscrit sur sa carte d’identité, reflète son état de santé réel.

Pour ce faire, l’analyse passe en revue les différentes zones du visage, dont le front, les tempes et les sillons nasogéniens — les plis qui relient le nez aux coins de la bouche —, réputées, d’après les chercheurs, présenter des biomarqueurs.

S’agissant spécifiquement de la prédiction de la survie des patients atteints de cancer, l’outil s’intéresse, comme le rapporte Aline Perraudin pour RTL, à la région située sous les yeux et autour de l’arête du nez.

Quand le visage devient un indicateur médical

Par exemple, si vous portez un bracelet connecté et pratiquez une activité physique, votre application peut vous indiquer que votre âge cardiovasculaire est inférieur à votre âge réel.

Appliquez ce principe aux patients atteints de cancer en vous appuyant sur ces biomarqueurs du visage, et les données recueillies pourraient aider, selon les chercheurs, à recommander des traitements, à évaluer les complications possibles et même à estimer les chances de survie.

Les scientifiques affirment que ces modèles sont plus performants que les autres solutions actuellement disponibles, grâce à l’ensemble des variables qu’ils prennent en compte. Pour le Dr Imran Ali, gériatre et professeur clinique adjoint de médecine, invité de la chaîne NewsNation, il s’agit d’un nouveau champ d’application très prometteur de l’intelligence artificielle.

D’après lui, la « fragilité » d’un patient est trop souvent jugée à l’œil nu, un usage du terme qu’il estime abusif. « Nous pouvons désormais utiliser une méthode scientifique pour analyser des zones précises du visage associées au vieillissement », affirme-t-il.

Un outil de plus, pas un verdict

De quoi ouvrir d’intéressantes perspectives dans la lutte contre le cancer. Reste que l’IA ne fournit qu’une estimation. « Elle n’est pas fiable à 100%. Elle évalue le risque à partir de ce qu’elle a appris sur des groupes de patients. Elle ne lit pas un destin individuel sur un visage », met en garde Aline Perraudin.

D’autant que l’étude souligne que des recherches supplémentaires sont nécessaires avant tout déploiement de ce nouvel outil. Il pourrait, pour l’heure, simplement étoffer la palette des moyens existants pour mieux classer les malades selon leur condition physique et leur degré de fragilité.

À cela s’ajoutent des préoccupations légitimes concernant la confidentialité des données personnelles. « Son utilisation soulève donc des enjeux éthiques et de sécurité », poursuit la chroniqueuse de RTL.

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