La nouvelle fonctionnalité ne devrait pas ravir Apple, particulièrement à cheval sur la confidentialité des données de ses utilisateurs.
OpenAI a lancé, jeudi 20 août 2026, une extension de son outil ChatGPT pour Mac. De quoi permettre au chatbot d’interagir avec l’application Messages présente sur les ordinateurs estampillés Apple.
Grâce à ce plug-in, l’utilisateur peut désormais contrôler — écrire, rechercher, envoyer, trier — tous les aspects de sa messagerie via l’outil d’intelligence artificielle. Cela inclut iMessage, l’application de messagerie native d’Apple, ainsi que les SMS.
Cela représente une nouvelle manière de simplifier les tâches de l’utilisateur, à l’heure où l’IA promet chaque jour davantage d’automatisation. Le système rappelle ainsi les navigateurs autonomes — Comet, Atlas, avant sa disparition, ou encore Dia — qui ont vu le jour ces derniers mois dans la foulée de l’explosion de l’intelligence artificielle générative.
Cette nouvelle extension risque toutefois de déplaire à Apple, comme l’anticipent déjà plusieurs observateurs. En cause : les menaces potentielles qu’elle ferait peser sur la confidentialité des données, un domaine dans lequel Apple est réputée très exigeante.
Le cas de Beeper Mini
En effet, le fait qu’un chatbot tiers puisse accéder à la messagerie des utilisateurs pourrait conduire au détournement de ces informations et ainsi contrevenir aux règles de la marque à la pomme en matière de vie privée.
« Va-t-elle intervenir ? », se demande d’ailleurs Mark Gurman, journaliste tech à Bloomberg et fin connaisseur du fabricant d’iPhone. L’entreprise préfère cependant, pour l’heure, garder le silence, alors qu’un de ses porte-parole a été approché par le journal américain.
Les craintes d’une réaction d’Apple sont d’autant plus fondées que la société a déjà fait preuve de son intransigeance sur le sujet à plusieurs reprises par le passé. Bloomberg cite à cet effet le cas de Beeper Mini, une application disparue en janvier 2024, seulement un mois après son lancement.
À l’origine destiné au système d’exploitation Android, l’outil permettait à un utilisateur Android d’utiliser iMessage, normalement réservé aux appareils Apple, pour échanger avec des détenteurs d’iPhone. Au grand dam de la firme de Cupertino.
Un nouveau terrain de rivalité
« Nous avons pris des mesures pour protéger nos utilisateurs en bloquant des techniques qui exploitent de faux identifiants afin d’accéder à iMessage. Ces techniques présentaient des risques importants pour la sécurité et la confidentialité des utilisateurs, notamment un risque d’exposition des métadonnées ainsi que la possibilité de faciliter l’envoi de messages indésirables, de spams et d’attaques de phishing », avait plaidé le groupe dans un communiqué.
OpenAI reste toutefois sereine concernant les préoccupations liées à une éventuelle violation des données personnelles. L’entreprise indique, selon Bloomberg, que son système fonctionne localement sur les Mac, avec des outils déjà présents sur l’appareil, comme AppleScript et Accessibilité.
Surtout, il revient, dit-elle, à l’utilisateur d’accorder ou non l’accès au plug-in. Au-delà des questions sur le respect de la vie privée, ce nouvel outil vient empiéter sur les plates-bandes d’Apple, qui a prévu de fournir des capacités similaires à son assistant dopé à l’IA, Siri AI, dont le déploiement est attendu à la mi-septembre.
Il s’agit donc d’un nouveau terrain de rivalité entre les deux entreprises, engagées depuis quelques semaines dans une bataille judiciaire. OpenAI est accusée devant un tribunal californien d’avoir volé des secrets industriels d’Apple pour développer son prochain matériel d’intelligence artificielle.
