La célèbre plateforme de curation de contenus promeut une infrastructure novatrice destinée à démocratiser le web social ouvert (fediverse) et à le rendre accessible aux utilisateurs sans expertise technique.
Face à la dispersion des audiences sur les réseaux alternatifs, Flipboard a choisi de lancer les « social websites » (sites sociaux). Présentés comme une nouvelle génération de réseaux sociaux, il s’agit d’espaces web personnalisables conçus pour les créateurs, les éditeurs et les podcasteurs.
Leur principal atout : rassembler en un seul endroit leurs échanges issus des réseaux sociaux décentralisés (Bluesky, Mastodon, Threads), leurs vidéos YouTube, leurs podcasts, leurs newsletters et leurs blogs (via RSS).
De quoi offrir à chaque propriétaire un contrôle total sur l’expérience, la mise en avant algorithmique et la modération de sa communauté.
« Pendant des années, la plupart des communautés en ligne ont vécu à l’intérieur de plateformes qu’elles ne contrôlaient pas. Les conversations se déroulent d’un côté, les vidéos ailleurs, les podcasts sur d’autres applications, et les créateurs ont peu de maîtrise sur la façon dont leur travail est découvert ou vécu. C’est pour y remédier que nous introduisons les sites web sociaux », explique Flipboard sur son site, le 2 avril dernier.
Un outil de survie à l’heure de la fragmentation
Cette approche résonne particulièrement à l’heure où les éditeurs et créateurs indépendants partagent désormais la même difficulté : celle de produire plus que jamais tout en voyant leur portée s’amenuiser, faute d’audience stable.
Pour créer un site web social, il suffit de se rendre sur surf.social et de configurer un flux en sélectionnant ses sources et un hashtag communautaire. L’espace peut être personnalisé avec un nom de domaine spécifique et des règles de modération adaptées (filtres, exclusions de profils ou de mots-clés).
Une fois le site activé, toute personne peut y contribuer via le hashtag choisi, quel que soit le réseau utilisé, de Mastodon à Bluesky, sans oublier Threads ou autre. Ce qui n’était qu’un outil de curation privé devient ainsi un hub communautaire entièrement détenu et géré par son créateur.
La fin du modèle de l’audience louée
Au-delà de l’aspect pratique, Surf incarne un changement de paradigme. L’outil met fin à la logique de l’« audience louée » sur laquelle reposait jusque-là la plupart des créateurs de contenu.
C’est-à-dire que leur communauté se trouvait hébergée sur les serveurs de Facebook, YouTube ou X, soumise à leurs algorithmes et à leurs décisions commerciales. Une modification de règles, une mise à jour de l’algorithme ou une nouvelle politique de monétisation pouvaient soudainement réduire à néant des années d’efforts.
Wired, le magazine de référence sur la technologie, a déjà déployé un social website qui regroupe les articles de ses journalistes, ses podcasts et les conversations sociales qui gravitent autour de ses publications. Rolling Stone a fait de même, en extrayant sa couverture musicale et culturelle de l’éparpillement des réseaux sociaux pour la centraliser en une seule destination de marque cohérente.
