Play Store : Google plie en Europe

La firme américaine assouplit le fonctionnement de son magasin d’applications pour les développeurs afin de se conformer à la Loi sur les marchés numériques sur le Vieux Continent.

Google a annoncé mardi 19 août la modification des conditions d’utilisation de Google Play, sa plateforme dédiée aux applications, spécifiquement pour le marché européen. La principale mesure concerne la réduction des commissions appliquées aux développeurs, qui passent de 10% à 3% sur chaque vente d’application ou achat intégré.

La filiale d’Alphabet introduit également un système de tarification à plusieurs niveaux et simplifie le processus permettant aux développeurs d’orienter leurs utilisateurs vers des options d’achat alternatives.

Ainsi, les développeurs pourront désormais informer leurs clients de l’existence de prix potentiellement plus avantageux sur d’autres plateformes ou directement sur leurs propres sites web.

Ces concessions s’inscrivent dans le cadre du respect de la Loi européenne sur les Marchés Numériques (Digital Markets Act – DMA). Entrée en vigueur dans sa seconde phase il y a quelques semaines, cette législation vise à briser les monopoles technologiques et restaurer une concurrence équitable sur le marché numérique.

Des accusations qui ont tout changé

Elle dispose pour ce faire, d’un levier d’action redoutable : des sanctions pouvant atteindre jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise en infraction. Preuve de son efficacité, la DMA a servi précédemment à infliger 200 millions d’euros d’amendes à Meta Platforms et 500 millions à Apple, en plus de contraindre ce dernier à modifier les conditions de son App Store.

Pour Google, l’enquête de la Commission européenne, initiée au début de l’année 2024, a mis en lumière des pratiques que les régulateurs européens considèrent comme anticoncurrentielles.

La firme de Mountain View a ainsi été accusée d’empêcher délibérément les développeurs d’applications d’informer leurs utilisateurs de l’existence d’offres plus avantageuses disponibles en dehors de l’écosystème Play Store.

Les régulateurs ont également pointé du doigt les frais de service imposés par Google aux développeurs pour l’acquisition de nouveaux clients. Claire Kelly, avocate senior en concurrence pour le géant technologique, a salué cette évolution tout en exprimant certaines réserves.

Une réponse mesurée, mais significative

Selon elle, bien que Google ait accepté de réviser ses frais et d’offrir plus d’options flexibles aux développeurs, l’entreprise maintient ses préoccupations concernant les risques potentiels pour les utilisateurs d’Android.

Il s’agit de l’exposition accrue à du contenu potentiellement nuisible et d’une possible dégradation de la qualité générale des applications disponibles. Un chiffon rouge habituellement agité par ces géants de la tech pour s’exonérer de leurs obligations légales.

Les développeurs d’applications observent avec attention cette évolution, car elle pourrait redistribuer les cartes dans un secteur dominé depuis des années par quelques acteurs majeurs. Concernant la DMA, elle avance pour l’heure dans ses objectifs malgré la profonde hostilité de l’administration Trump.

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