Nvidia entre dans la cour d’Intel et AMD

Le géant américain des semi-conducteurs lance une gamme complète d’ordinateurs sous Windows propulsés par ses propres processeurs ARM. Un moyen de dépasser son rôle de simple fournisseur de GPU pour bâtir un écosystème intégré capable d’accompagner l’essor de l’intelligence artificielle agentique.

Nvidia a annoncé la création de PC de bureau, d’ordinateurs portables et de mini PC fonctionnant sous Windows, mais sans le moindre processeur Intel ou AMD, contrairement à ce qui se faisait jusqu’ici. À la place, ces machines embarqueront des puces ARM développées en interne, associées à des GPU Blackwell de dernière génération.

La première pièce de cet écosystème vise les entreprises. Le PC de bureau construit autour de la puce GB300 n’est pas un ordinateur grand public, mais une station de calcul haute performance destinée aux organisations ayant besoin de puissance de traitement d’intelligence artificielle en local, sans passer par le cloud.

La puce intègre 72 cœurs ARM Neoverse V2, un GPU Blackwell Ultra et jusqu’à 768 gigaoctets de mémoire unifiée. La RAM, directement intégrée au processeur, n’est pas extensible après l’achat : l’utilisateur doit donc choisir sa configuration dès le départ.

ASUS, Dell, Gigabyte, HP et autres impliqués

En revanche, la machine reste évolutive sur d’autres aspects. Les slots PCI permettront d’ajouter une seconde carte graphique, avec un support allant jusqu’à la RTX Pro A6000, voire potentiellement une RTX 5090.

Le boîtier, au format PC traditionnel avec connectique standard, sera assemblé par les plus grands noms du secteur. ASUS, Dell, Gigabyte, HP et MSI ayant tous confirmé leur participation à la fabrication de ces cartes mères.

La commercialisation est prévue pour le quatrième trimestre de l’année, avec un tarif élevé, en cohérence avec le positionnement « entreprise » de la station. Pour le grand public, Nvidia mise sur la puce N1X.

Conçue en collaboration avec MediaTek et gravée en 3 nanomètres par TSMC, cette puce regroupe 70 milliards de transistors dans un format adapté aux ordinateurs portables et aux mini PC.

La conquête du grand public

Elle embarque 20 cœurs CPU — combinant des cœurs ARM X925 hautes performances et X725 plus économes — couplés à un GPU Blackwell intégré pouvant atteindre 6 144 cœurs CUDA, avec prise en charge complète du ray tracing RTX.

Selon les modèles, la mémoire unifiée pourra atteindre jusqu’à 128 gigaoctets, un niveau supérieur à celui de la plupart des laptops actuels. Des déclinaisons d’entrée de gamme, avec 10 cœurs CPU et 8 Go de RAM, permettront aux constructeurs de proposer des machines à des prix plus abordables.

Le groupe a confirmé que chaque future génération de puces comportera une variante pour laptops et mini PC. Vera Rubin en 2027-2028, puis Rosa Feynman en 2029-2030, chacune avec une version Spark compacte dédiée aux appareils mobiles.

Pour l’entreprise dirigée par Jensen Huang, il s’agit de démontrer que le groupe est capable de produire son propre ordinateur personnel et, ce faisant, se positionner favorablement sur le prochain grand marché qu’il vise, celui de la robotique et des systèmes humanoïdes.

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