Le géant des semi-conducteurs rejoint le projet Terafab du milliardaire américain avec l’ambition de produire un térawatt de puissance de calcul par an.
Intel a annoncé, mardi 7 avril, son entrée dans le programme ambitieux de fabrication de puces dédiées à l’intelligence artificielle porté par Elon Musk, aux côtés de SpaceX et Tesla.
Baptisé Terafab, ce projet présenté il y a quelques mois vise à atteindre une capacité de production équivalente à un térawatt de puissance de calcul IA par an. Un objectif particulièrement audacieux au regard des volumes actuels, encore largement insuffisants face à une demande dopée par l’essor rapide de l’intelligence artificielle.
Terafab entend regrouper sous un même toit l’ensemble de la chaîne de valeur, dont la conception des puces, la production, la mémoire, le packaging et les phases de test. Un niveau d’intégration verticale inédit à cette échelle dans l’industrie.
Le projet esquisse ainsi les contours d’une filière américaine intégrée pour les semi-conducteurs IA, moins exposée aux ruptures d’approvisionnement et aux tensions géopolitiques, notamment avec Taïwan.
Intel, un atout clé
La puce envisagée serait conçue pour limiter la consommation énergétique — environ un tiers de moins que les solutions actuelles — tout en étant spécifiquement optimisée pour les logiciels de Tesla, ce qui la rendrait difficile à répliquer par la concurrence.
Dans ce dispositif, le rôle d’Intel s’avère déterminant. En effet, si les entreprises d’Elon Musk disposent d’une forte capacité d’innovation et d’une vision industrielle affirmée, elles ne maîtrisent pas encore la production de semi-conducteurs à grande échelle.
Intel, malgré son retard avéré face à Nvidia et AMD dans la course à l’intelligence artificielle, bénéficie en revanche de plusieurs décennies d’expertise dans la conception et l’exploitation de fabs, ces usines ultra-sophistiquées dédiées à la fabrication de puces.
« Intel doit prouver qu’il peut soutenir les plus grands clients sur leurs projets les plus importants, et cela semble être le cas avec le partenariat Tesla », indique à Bloomberg, Gil Luria, analyste chez D.A. Davidson, qui y voit une « étape importante » dans la transformation du groupe.
Des incertitudes demeurent
L’annonce a d’ailleurs fait progresser l’action de l’entreprise de plus de 2%, selon Bloomberg. Mais derrière cette réaction positive des marchés se cache une réalité industrielle nettement plus complexe.
La construction d’une usine de semi-conducteurs de pointe figure parmi les projets les plus longs, les plus coûteux et les plus exigeants sur le plan technique.
Comme le rappelle Ross Gerber, PDG de Gerber Kawasaki Wealth and Investment Management, interrogé par Yahoo Finance, plusieurs initiatives annoncées par Elon Musk avec un fort écho médiatique restent à ce jour inachevées ou accusent des retards significatifs.
Dans ce contexte, les investisseurs sont appelés à distinguer une vision — crédible et potentiellement transformatrice — d’une concrétisation à court terme. « Ce n’est pas envisageable dans un horizon d’un à deux ans », tranche l’analyste.
