Cellules cancéreuses colorectales humaines traitées avec un inhibiteur de la topoisomérase et un inhibiteur de la protéine kinase ATR

Santé : un nouveau test sanguin permet de détecter 50 types de cancer

 

Une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le Dana-Farber Cancer Institute, a mis au point un test sanguin permettant de détecter plus de 50 types de cancer et les situer exactement dans le corps. Ce nouveau aurait une efficacité de 67 % pour les tumeurs les plus dangereuses.

Une simple prise de sang pourrait bientôt suffire à repérer un cancer très en amont et quel que soit l’organe touché. C’est la promesse faite par une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le Dana-Farber Cancer Institute dans le Massachusetts, aux Etats Unis. Elle aurait mis au point un test de tumeurs avec une efficacité jamais espérée.

Les échantillons classés en cancéreux ou non cancéreux

Pour déceler une tumeur et son emplacement, l’équipe a commencé par entraîner un algorithme par machine learning. L’IA a appris à comparer les ADN circulants prélevés dans le sang de 7000 patients malades de cancer (à divers stades et dans divers organes) avec celui de milliers de personnes bien portantes. A force d’entraînement, l’intelligence artificielle a su reconnaître des modifications produites par les tumeurs dans ces ADN, modifications qui interviennent dans son degré de méthylation (un marqueur épigénétique spécifique indispensable à plusieurs mécanismes cellulaires dont l’expression des gènes). L’algorithme parvenait à classer les échantillons, en cancéreux ou non cancéreux, selon les motifs de méthylation portés par l’ADN circulant. Il aurait analyser un million de sites de méthylation parmi les 30 millions dispersés le long du génome humain.

L’efficacité du diagnostic augmente avec la gravité de la maladie

Globalement, l’algorithme a diagnostiqué avec succès 43,9 % des cinquante types de cancers testés. Cela semble peu, mais il se défend mieux dans certains cas. En effet, le test repérait efficacement 67,3% des douze cancers les plus mortels aux Etats-Unis (anus, vessie, intestin, oesophage, estomac, tête et cou, foie, poumon, ovaire, pancréas, lymphome et myélome) dans les stades précoces, de I à III. Sans surprise, l’efficacité du diagnostic augmentait avec la gravité de la maladie, atteignant 99,3 % d’efficacité au stade IV. Aussi, dans le cas d’un cancer déjà détecté, le test a correctement identifié l’organe ou le tissu d’où provenait le cancer dans plus de 90 % des cas.

« La détection plus précoce des cancers pourrait sauver des millions de vies par an »

En outre, même si l’algorithme n’a pu détecter que 39 % des cancers au stade précoce I, les chercheurs pensent qu’il pourrait être utilisé pour des campagnes de dépistage multicancer au sein de la population. « C’est une étude repère et un premier pas vers le développement d’outils de screening facile à réaliser. La détection plus précoce de plus de 50 % des cancers pourrait sauver des millions de vies par an dans le monde et pourrait réduire significativement la morbidité induite par les traitements agressifs », explique Fabrice André, directeur de recherche à l’Institut Gustave Roussy et rédacteur en chef d’Annals of Oncology.

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